En octobre 2011, le Kenya déclenche l’opération Linda Nchi et envoie quelques milliers de soldats dans la vallée de Juba, en Somalie. La plus grande opération militaire mise en place par le pays depuis son indépendance se veut, d’après les instances militaires, rapide et efficace. Pourtant, les observateurs internationaux craignent aujourd’hui une pérennisation de la crise, due principalement à une mauvaise préparation militaire, diplomatique et politique. Un rapport de l’International Crisis Group revient sur les raisons de l’engagement et sur les risques qui pèsent aujourd’hui sur l’Etat kenyan.
Soutenue par une grande partie de l’opinion publique kenyane, l’opération Linda Nchi est déclenchée à la suite du kidnapping de touristes étrangers et d’humanitaires à la fin de l’été 2011 par des miliciens du mouvement Al-Shabaab. Les forces kenyanes, pourtant inexpérimentées, se lancent alors dans une vaste opération contre le Sud de la Somalie et ses milices armées, aux côtés des forces du pouvoir central soudanais. L’objectif principal affiché par l’état-major de Nairobi est triple. Il entend éradiquer les menaces terroristes qui pèsent sur sa frontière, régler le problème des réfugiés et éviter l’instauration d’une province islamiste par le groupe terroriste Al-Shabaab, proche d’Al-Qaeda, dans la vallée du Juba.
Cependant, les observateurs internationaux appellent depuis déjà longtemps à la prudence face à une opération d’envergure qui semble échapper au contrôle des forces kenyanes peu expérimentées. Le risque principal serait un enlisement de l’armée dans une région qui lui est majoritairement hostile. Cette présence militaire ressentie comme une occupation ne fait qu’accroitre le pouvoir des milices qui gagnent en sympathie auprès des populations locales. Le risque de retourner l’opinion publique sud-somalienne est aujourd’hui bien réel.
Dans son rapport de février 2012, l’International Crisis Group recommande fortement au gouvernement kenyan de mettre en place un plan de sortie de crise et de retrait des troupes. D’après cette étude, la solution ne passera pas par des actions militaires spectaculaires mais par une coopération économique, politique et diplomatique entre les différents acteurs sur le terrain.
Sources : International Crisis Group Report, Al-Jazeera
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