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Brèves

Le Guatemala annule une condamnation historique pour génocide

22 mai

La cour constitutionnelle guatémaltèque a annulé lundi une décision qui condamnait l’ancien leader militaire Efrain Rios Montt pour génocide et crimes contre l’humanité. Le procès devra recommencer là où il en était le 19 avril dernier.


La décision de la cour constitutionnelle remet en question l’indépendance du système judiciaire au Guatemala, les élites politiques et économiques n’ayant pas hésité à prendre position sur le procès de l’ancien chef d’Etat. Ainsi le président Otto Pérez Molina avait critiqué l’existence même d’un tel procès, menant un juge à tenter de le faire annuler. Le chef d’Etat du Guatemala avait été jusqu’à nier le fait qu’un génocide aurait eu lieu sous Rios Montt. Si l’institut de recherche Global Research condamne ce négationnisme de la part du président dans un article intitulé « Genocide Denial in Guatemala », tous les experts ne sont pas de l’avis du think tank. Michael Waller, expert américain en politique étrangère, avait ainsi déclaré au Wall Street Journal : « It was a nasty war in Guatemala but it wasn’t a genocide ».

En condamnant Rios Montt à 80 ans de prison pour son rôle dans le meurtre de quelques 1771 personnes lors de la guerre civile au Guatemala, ce n’est pas un, mais trois juges qui avaient donné tort à M. Waller. Rios Montt avait dirigé le Guatemala pendant 17 mois en 1982 et 1983. A la conclusion de son procès, c’était la première fois qu’un ancien chef d’Etat d’Amérique Latine était condamné pour de tels crimes par une cour de son propre pays. C’était aussi la première fois qu’une instance officielle guatémaltèque reconnaissait qu’un génocide avait eu lieu. En 36 ans de guerre civile, de 1960 à 1996, quelques 200 000 personnes avaient été tuées ou avaient disparu. 80% d’entre elles étaient de descendance Maya.

Les procès de responsables militaires sont rendus difficiles au Guatemala car l’armée refuse encore de fournir les informations nécessaires aux enquêtes sur les crimes commis pendant le conflit. A ce jour, nulle indication n’a encore été donnée quant à la date de reprise du procès de Rios Montt.

Sources : Amnesty, Wall Street Journal, Global Research, Guardian

 

Le taux de croissance des pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient marque le pas

22 mai

Le FMI vient de publier une mise à jour de ses prévisions économiques pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. L’institution financière alerte notamment les pays producteurs de pétrole du fait que leurs taux de croissance vont fléchir, en partie à cause du niveau de la demande mondiale.


Le rapport de l’institution issue des accords de Bretton Woods commence par évoquer la situation des pays arabes en transition, à savoir l’Égypte, la Jordanie, la Libye, le Maroc, la Tunisie et le Yémen selon l’organisation internationale. Cette dernière insiste pour rappeler que la transition politique en cours au sein de ces Etats est particulièrement complexe. Le rapport pointe notamment que le chômage élevé et l’augmentation du coût de la vie accentuent les tensions sociales présentes dans ces Etats. Le FMI préconise la mise en œuvre d’un plan audacieux de réformes structurelles, en accord avec la majorité de la population, afin d’accélérer la croissance de ces pays et la rendre plus solidaire.

En outre, la publication de l’organisation internationale s’attarde particulièrement sur le cas des pays exportateurs de pétrole issus de la région - Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Iran, Irak, Koweït, Libye, Oman, Qatar et Yémen. Ceux-ci ont connu un taux de croissance de 5,7% en 2012. Toutefois, celui-ci ne devrait s’élever « qu’à » 3,2% pour l’année 2013.
Ce fléchissement dans l’augmentation du taux de croissance s’explique principalement par le manque de vigueur au niveau de la demande mondiale de pétrole. En effet, durant les premiers mois de l’année 2013, les exportations de pétrole ont même diminué dans la région. D’ailleurs selon les prévisions du FMI, la croissance pétrolière dans les pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord sera négative en 2013 puisqu’elle s’élèvera à -0,1%. En comparaison, elle se chiffrait à 4,4% en 2012. Malgré tout, ces Etats parviennent à maintenir un taux de croissance largement positif pour 2013 grâce à la croissance non-pétrolière, notamment liée aux dépenses étatiques des différents pays.
Pour ces raisons, l’institution financière met en garde ces Etats face à leur dépendance à l’égard des recettes des hydrocarbures. Dans cet ordre d’idée, le FMI leur conseille de prioriser leurs dépenses publiques afin de maintenir un niveau d’endettement soutenable, si leurs ressources pétrolières venaient à diminuer.

Sources : FMI, Rapport « Moyen-Orient et Afrique du Nord : définir la voie à suivre », Les Echos, L’Expression

 

Barack Obama en tournée africaine à la fin du mois de juin

21 mai

La Maison Blanche a annoncé dans un communiqué de presse que le président américain se rendra en Afrique pour une tournée entre le 26 juin et le 3 juillet. Depuis son élection en 2008, il s’agira de la première visite du genre pour Barack Obama.


En 2008, l’élection d’un président des Etats-Unis possédant des racines africaines avait suscité beaucoup d’espoir sur le continent africain. Pourtant, depuis lors, Barack Obama ne s’est rendu officiellement qu’une seule fois en Afrique subsaharienne, il s’agissait d’un voyage au Ghana en 2009. Au cours de ce dernier, il avait notamment réalisé un discours, ayant marqué les esprits, dans lequel il avait affirmé que « l’avenir de l’Afrique appartient aux Africains ». Son épouse, Michelle Obama, avait quant à elle effectué une visite en Afrique australe lors de l’année 2011.
En 2012, le président américain avait annoncé sa stratégie en faveur du développement pour l’Afrique. Il mettait en avant deux objectifs : le renforcement de la sécurité face au terrorisme et la contre-offensive face à la Chine sur le plan économique. Il avait également précisé que son pays resterait un « partenaire inconditionnel » des pays africains démocratiques.

Au cours de sa tournée prévue fin juin, il visitera trois pays : l’Afrique du Sud, le Sénégal et la Tanzanie. Le Kenya, pays dont le père du président américain est originaire, ne fait pas partie de cette liste. Il est vrai que le président kényan actuel, Uhuru Kenyatta, est poursuivi pour crimes contre l’humanité devant la Cour Pénale Internationale (CPI). Or, un des axes du voyage de Barack Obama est justement de soutenir « les bons élèves de la démocratie », autrement dit, des Etats où la lutte pour le pouvoir n’a pas provoqué récemment de violences et où l’alternance politique s’est déroulée de manière relativement pacifique.
Le communiqué de la Maison Blanche insiste sur une série de questions prioritaires qui seront abordées durant la tournée du président américain, à savoir « étendre la croissance économique, l’investissement et le commerce, renforcer les institutions démocratiques, et investir dans une nouvelle génération de dirigeants africains ». Pour y parvenir, il rencontrera durant son voyage des hommes politiques, et également des chefs d’entreprise, en insistant particulièrement sur la jeunesse africaine. L’objectif principal du séjour étant de renforcer l’importance qu’occupent les Etats-Unis dans l’Afrique subsaharienne et de consolider les liens solides et grandissants avec les pays de la région.

Sources : Jeune Afrique, Rfi, BBC, China Daily

 

L’intervention en Afghanistan n’y aura pas amélioré les droits des femmes

21 mai

D’après Human Rights Watch (HRW), le nombre de femmes emprisonnées pour « crimes moraux » ou pour avoir fui un mari violent a fortement augmenté depuis 2011. Cette révélation arrive alors que le parlement afghan vient de voter contre la loi pour l’élimination de la violence contre les femmes, et ce, 12 ans après l’intervention armée qui a chassé les talibans du pouvoir.


Sous les talibans, les femmes et les filles n’avaient pas le droit de travailler ou d’aller à l’école. Les afghanes ne pouvaient sortir de chez elles sans être accompagnées par un homme de leur famille. Aujourd’hui, elles ont théoriquement droit à l’éducation : le nombre de filles scolarisées est passé de 5000 en 2001 à 2,5 millions en 2012. Pourtant, malgré ce progrès, encore 88% des femmes afghanes étaient analphabètes en 2012, et leurs droits restent menacés. Même l’avenir des centres d’accueil pour femmes battues, dont le nombre modeste était une des améliorations majeures de la dernière décennie, risquent de disparaître. En effet, ils sont pour le moment financés par des fonds étrangers, et le gouvernement afghan ne montre aucun signe qu’il pourrait prendre le relais.
Les droits des femmes en Afghanistan restent donc problématiques. Plus de la moitié des femmes prisonnières le sont pour « crimes moraux ». Même si échapper à un mari violent n’est pas un crime dans la loi afghane, la cour suprême a ordonné la condamnation des femmes qui fuient leur famille. Souvent, elles sont soumises à des tests de virginité peu scientifiques lors de leur arrestation. Les victimes de viol risquent aussi la prison, pour « adultère forcé », le sexe hors mariage étant un crime en Afghanistan.

En 2011, la Fondation Thomson Reuters avait nommé l’Afghanistan « pays où il était le plus dangereux d’être une femme ». Les défenseurs des droits des femmes dans le pays ont tenté de changer la donne cette année, en soumettant la loi pour l’élimination de la violence contre les femmes, mise en place par un décret présidentiel en 2009, à un vote du Parlement. Mais ce dernier a refusé de la ratifier. Le texte bannissait plus de vingt formes de violences, comme les mariages forcés ou l’achat et la vente de femmes sous prétexte de mariage, et précisait des sentences pour les responsables de ces violences. Les conservateurs religieux s’y sont farouchement opposés, en particulier parce qu’elle instaurait un âge de mariage minimum de 16 ans pour les filles.
L’ONU a appelé le Parlement afghan à ratifier la loi, expliquant qu’elle est cruciale non seulement pour les femmes et les filles, mais aussi pour toute la société afghane. Cependant, pour Heather Barr, directrice de HRW en Afghanistan, le refus de l’instance afghane n’est pas une surprise. « Regardez une photo du Parlement, dit-elle. Sur quelle planète faudrait-il être pour penser qu’ils voteraient pour s’envoyer eux-mêmes en prison s’ils marient leurs filles trop jeunes, ou s’ils frappent leurs femmes ? ».

Avec le retrait des troupes internationales en 2014, et un potentiel retour des talibans sur la scène politique, les femmes afghanes ne sont pas très optimistes quant à l’avenir de leurs droits. En 2012 une étude de l’ONG britannique Action Aid révélait que 37% d’entre elles craignaient que la situation n’empire une fois les armées étrangères parties. Pour Wazhma Frogh, activiste afghane, le vote contre la loi sur la violence contre les femmes « rappelle au monde entier que, après 12 ans de combats et de sacrifices, nous abandonnons le sort des femmes afghanes aux mains de ces hommes qui sont prêts à leur ôter tous leurs droits et libertés ».

Sources : Global Times, Guardian, CFR, The Atlantic, NY Times

 

La Polynésie Française à nouveau sur la liste des territoires à décoloniser

21 mai

En affirmant « le droit inaliénable de la population de la Polynésie française à l’autodétermination et à l’indépendance », l’Assemblée générale des Nations-Unies a replacé le territoire sous la juridiction du Comité des 24, chargé de la décolonisation, qui devra donc examiner le cas de ces Îles lors de sa prochaine session.


La décision de l’Assemblée Générale se base sur les articles 3 et 4 de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones, qui affirment le principe d’autodétermination, ainsi que sur une résolution adoptée par l’Assemblée de la Polynésie Française en 2011. Cette résolution demandait aux Nations-Unis de réinscrire la Polynésie sur sa liste des territoires non-autonomes. En tant que « puissance administrante » de ces territoires, la France se trouve donc désormais dans l’obligation « de communiquer des renseignements sur la Polynésie Française », chose que la résolution votée par l’Assemblée générale de l’ONU lui reproche de ne pas avoir fait depuis 1946, date à laquelle la Polynésie Française avait été placée sur la liste des territoires non-autonomes pour la première fois – avant d’en disparaître en 1963.

La France cependant, et plus particulièrement le ministère des Affaires étrangères, a très clairement énoncé son désaccord avec le vote de l’Assemblée onusienne. D’après le porte-parole du ministère : « la résolution adoptée en ce jour méconnait les choix démocratiques faits par les Polynésiens et va à l’encontre des objectifs poursuivis par l’ONU ». Aux yeux du ministère, les électeurs polynésiens, en donnant la majorité à l’Assemblée territoriale aux élus favorables au maintien de l’actuel statut de territoire autonome, ont exprimé un choix que la résolution onusienne ignore totalement. Le porte-parole va jusqu’à dénoncer « une ingérence flagrante, une absence complète de respect pour les choix démocratiques des Polynésiens ».

Parrainée par les pays du Forum du Pacifique, la résolution a divisé l’Assemblée Générale, où le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne ont refusé de suivre le consensus. Le sujet reviendra sans aucun doute sur le devant de la scène lors de la troisième Conférence internationale sur les petits Etats insulaires en développement, qui se tiendra du 1er au 4 septembre 2014.

Sources : UN News, ONU, France ONU

 

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