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Brèves

De la communauté indienne aux Etats-Unis

2 octobre

Quelques jours après le premier voyage officiel de l’actuel premier ministre indien, Narendra Modi, aux Etats-Unis, le Pew Research Center a publié une enquête statistique dévoilant 5 faits étonnants sur la communauté indienne aux Etats-Unis.


Il s’agit en effet du premier voyage officiel du dirigeant indien aux Etats-Unis, ce dernier ayant été interdit d’entrée sur le territoire américain pendant 10 ans, suite aux émeutes confessionnelles meurtrières – ayant surtout visées la minorité musulmane - ayant eu lieu en 2002 dans l’Etat du Gujarat dont il était le gouverneur à l’époque. Cette visite diplomatique marque donc son retour en grâce. Sa visite a également eu le mérite de rappeler au public le poids croissant de la communauté indienne aux Etats-Unis, aujourd’hui forte de plus de 3.2 millions d’âmes. Deux gouverneurs (Bobby Jindal en Louisiane et Nikki Haley en Caroline du Sud), tous deux républicains, sont notamment d’ascendance indienne.

Cinq faits notables caractérisent ainsi la communauté indienne installée aux Etats-Unis. Tout d’abord, il est intéressant de noter que la très grande majorité des expatriés indiens sont arrivés récemment sur le sol états-unien : plus de 87% des Américains d’origine indienne sont nés à l’étranger et près de 40% d’entre eux sont arrivés il y a moins de 10 ans sur le sol américain. Conséquence logique de leur « récente » arrivée, seulement 56% des adultes d’origine indienne ont acquis la nationalité américaine, soit le plus faible total pour l’ensemble des six groupes d’origine asiatique étudiés par le Pew Research Center.

Deuxièmement, l’étude révèle que les Américains d’origine indienne sont l’un des groupes ethniques les plus diplômés des Etats-Unis. 70% des adultes âgés de 25 ans et plus disposent ainsi d’un diplôme de l’enseignement supérieur, ce qui est supérieur aux résultats des six autres groupes d’origine asiatique étudiés et même 2.5 fois supérieur à la moyenne nationale. Cette prédominance d’une population extrêmement éduquée s’explique par le fait que la vaste majorité des Indiens migrants aux Etats-Unis le font suite à l’obtention d’un visa H1-B, qui autorise seulement les étrangers extrêmement qualifiés dans certains domaines spécifiques à venir travailler aux Etats-Unis. Ainsi en 2011, sur l’ensemble des demandes de visa H1-B, les travailleurs indiens en raflèrent plus de la moitié (56%), soit plus de 72 000 travailleurs.

Il est également intéressant de noter que la répartition des groupes confessionnels diffère grandement entre la population indienne demeurée au pays et la population expatriée aux Etats-Unis. En effet, seulement 51% de la communauté installée aux Etats-Unis se déclare d’affiliation hindoue là où près de 80% de la population de l’Inde se déclare de cette confession. De même, 18% des Américains d’ascendance indienne se définissent eux-mêmes comme chrétiens (c’est ainsi le cas des deux gouverneurs républicains d’origine indienne cités précédemment) là où les chrétiens représentent seulement 2.5% de la population indienne – ce qui représente tout de même 25 millions de fidèles.

Par ailleurs, la communauté indienne installée aux Etats-Unis peut être considérée comme relativement aisée. Le revenu annuel médian de ces ménages indienne vivant aux USA s’élevait en 2010 à 88.000$, soit bien plus que celui de l’ensemble de la population états-unienne (environ 50.000$ en 2010). Cet écart s’explique vraisemblablement par leur formation scolaire et universitaire plus poussée. 28% des individus d’origine indienne installés aux Etats-Unis – contre seulement 5% pour l’ensemble de la population états-unienne - travaillent ainsi dans le secteur des Sciences.

Enfin, l’enquête montre que la communauté indienne penche majoritairement à gauche : 65% d’entre eux (contre 49% pour la population américaine dans son ensemble) déclarent ainsi soutenir –ou tout au moins se sentir proche - des idées du Parti démocrate, ce qui fait d’eux la communauté asiatique la plus réceptive aux idées de ce parti. L’immense majorité des Américains d’origine indienne considère ainsi que ce parti rime avec croissance économique et une plus grande tolérance vis-à-vis des différentes ethnies et religions du pays.

SOURCE : The Pew Research Center

 

La biodiversité en grand danger

1er octobre

En moins de quarante ans, la taille des populations des espèces sauvages a fondu de moitié, telle est la terrifiante conclusion de la dernière édition du Rapport Planète Vivante, publié en début de semaine par le WWF, une ONG spécialisée dans la protection de la nature et des espèces animales. L’Indice Planète Vivante (IPV) est un indicateur de l’état de la diversité biologique mondiale, qui mesure l’évolution de 10.380 populations de 3038 espèces animales (mammifères, oiseaux, reptiles poissons et amphibiens). Or ce dernier aurait chuté de près de 52% entre 1970 et 2010, confirmant un déclin global de la biodiversité. Constat encore plus terrifiant, cette tendance ne donne aucun signe de ralentissement.


Les zones les plus touchées par cette diminution drastique des effectifs des espèces animales sont l’Amérique Latine (-83%), suivie de très près par la région Asie-Pacifique, tandis que ce sont les espèces d’eau douce qui ont payé le plus lourd tribut (-76%), les espères terrestres et maritimes s’en sortant un petit peu mieux (-39%). Cette baisse est beaucoup plus marquée que dans les rapports précédents, nous explique l’ONG, en raison de l’ajustement de pondérations dans le mode de calcul permettant une représentation plus fidèle de la répartition des espèces à l’échelle mondiale.

Or cette extinction à grande échelle des espèces animales est directement liée à l’activité humaine et à ce que nous faisons subir à notre planète. L’activité humaine est ainsi soit directement – en raison de l’agriculture, de la déforestation, de l’irrigation, de la création de barrage, de l’extension des villes, de la chasse, de la surpêche -, soit indirectement (en raison du changement climatique) responsable dans la disparition, ou tout au moins la raréfaction, de bon nombre d’espèces animales. Si l’on prend l’exemple de l’éléphant d’Afrique, on peut s’apercevoir que le nombre d’éléphants a connu une baisse brutale (près de 60%) passant de 1.2 million d’individus en 1980 à 500.000 seulement aujourd’hui.

L’enjeu majeur que tente de faire ressortir le WWF est qu’il ne s’agit pas seulement de préserver la biodiversité, mais surtout de sauvegarder notre bien-être, notre sécurité alimentaire et in fine la survie de l’espèce humaine. En effet, les écosystèmes sous-tendent les sociétés humaines, qui y prélèvent les ressources dont elles ont besoin, qui, elles-mêmes, ont développé et créé les économies que nous connaissons. Or dans un monde marqué par des inégalités extrêmement prononcées et où des millions d’individus vivent dans la pauvreté, la protection de la nature et des espèces animales pourrait passer pour un luxe ou bien un objectif secondaire. Il n’en est cependant absolument rien. Il s’agit au contraire d’un enjeu majeur qui concerne directement l’ensemble de la population mondiale. Vivant tous sur le même globe, partageant le même air, les mêmes ressources naturelles, nous sommes aujourd’hui tous concernés par cet enjeu global.

En effet, notre consommation en ressources naturelles dépasse largement ce que la Terre peut reconstituer chaque année. Or nous prélevons, depuis maintenant plus de trois décennies, dans nos écosystèmes davantage que ce que ces derniers ne peuvent régénérer par eux-mêmes. En surexploitant nos systèmes naturels, c’est notre futur, ainsi que celui des générations futures, que nous hypothéquons : nous vivons aujourd’hui à crédit. « Aujourd’hui, nous avons besoin de la capacité génératrice d’une Terre et demie pour disposer des services écologiques dont nous profitons chaque année », nous rappelle le WWF. Le 19 août dernier, les sociétés humaines avaient ainsi déjà consommés tout ce que la planète avait à offrir pour 2014. Cela signifie qu’à compter de cette date, l’homme pourvoit à ses besoins en s’attaquant aux réserves et aux productions futures de la planète. Plus inquiétant encore, ce « jour du dépassement » - journée où la consommation de l’humanité atteint ce que la Terre a à offrir en termes de ressources sur un an - n’a eu de cesse d’avancer au fil des années. Au début de la décennie, il n’était ainsi atteint que le 1er octobre, soit un mois et demi plus tard qu’aujourd’hui. Cet état de dépassement écologique permanent explique également pourquoi il est de plus en plus difficile de subvenir aux besoins de l’ensemble de la population mondiale. La population mondiale n’ayant de cesse d’augmenter - 7 milliards d’habitants aujourd’hui, vraisemblablement 9.6 milliards d’ici 2050 - la biocapacité par individu, c’est-à-dire la capacité d’une zone biologique de produire une offre continue en ressources renouvelables et à absorber les déchets découlant de leur consommation disponible par individu, ne va donc, fatalement, avoir de cesse de régresser.

La situation est d’autant plus complexe que la surconsommation des ressources n’est pas uniformément répartie sur la surface du globe. En effet, les pays les plus riches sont globalement ceux dont l’empreinte écologique par habitant est la plus forte. « L’utilisation des ressources et des services écologiques des pays à hauts revenus est cinq fois plus élevée par tête que dans les pays à bas revenus », pour maintenir leur niveau de vie les pays riches entament donc largement la biocapacité des autres. Paradoxe suprême, le compte-rendu du WWF révèle une amélioration de la biodiversité dans les pays les plus développés là où les pays les plus pauvres voient la leur s’effondrer.

Le WWF estime ainsi que si tous les habitants du globe avaient le même impact écologique qu’un habitant moyen du Qatar, l’humanité aurait besoin de 4.8 planètes pour assurer sa subsistance -respectivement 3.9 si nous adoptions le train de vie des Américains. Le grand défi du XXIème siècle sera ainsi de faire progresser durablement le développement humain tout en veillant à maintenir l’empreinte écologique par habitant à un niveau viable à l’échelle planétaire.

SOURCES : WWF-> http://www.wwf.fr/vous_informer/rap...], L’Express

 

Le Zimbabwe : un pays en crise(s) ?

29 septembre

Le think tank International Crisis Group vient de publier une note sur la situation politique et économique du Zimbabwe. Ancienne colonie britannique (connue sous le nom de Rhodésie du Sud), le Zimbabwe est aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres de la planète, étant même classé dernier dans la liste des pays par IDH (Indice de Développement Humain). Au pouvoir depuis l’accession du pays à l’indépendance, Robert Mugabe, le président zimbabwéen, vient de fêter ses 34 ans au pouvoir, même si son élection à la tête du pays donna un coup de vis autoritaire au régime. Anciennement florissante son économie a connu une grave récession dans les années 2000 suite à son intervention dans la deuxième guerre du Congo, qui a entraîné de lourdes dépenses militaires, ainsi qu’à la mise en place d’une violente réforme agraire ayant conduit à l’expropriation de plus de 4000 propriétaires terriens descendants de colons blancs qui conduisit à un effondrement de la production agricole dont le pays ne s’est toujours pas remis, le tout couplé à une corruption chronique de l’administration et des élites.


Dans ce contexte précaire, les élections législatives de juillet 2013, si elles ont permis au parti du président, le Zimbabwe African National Union-Patriotic Front (ZANU-PF), de redevenir majoritaire au Parlement, elles ont échoué à ramener la stabilité dans le pays. Depuis le début de la décennie, le pays fait face à une profonde crise sociale et économique, engendrée par de multiples échecs du gouvernement, qui s’est retrouvée accentuée par une crise de succession au sein du parti présidentiel. Le pays est aujourd’hui insolvable, interdit de prêts par le FMI car sa dette s’élève à plus de 7 milliards d’euros, soit presque le PIB annuel du Zimbabwe. Robert Mugabe a quant à lui près de 90 ans aujourd’hui. S’il affirme se tenir en bonne santé, les rumeurs sur sa santé vont bon train - bon nombre pense qu’il souffrirait d’un cancer de la prostate -, il ne fait guère de doutes que ses capacités sont déclinantes, ce alors que le président s’est toujours bien gardé de nommer un successeur alors qu’il s’est faire réélire l’année dernière pour un nouveau mandat courant jusqu’en 2018.

En effet, si malgré son long exercice du pouvoir, Robert Mugabe ne semble absolument pas prêt à quitter son office, la bataille pour sa succession a déjà commencé au sein du ZANU-PF avec notamment une lutte acharnée entre Joice Mujuru, l’actuelle vice-présidente, et Emmerson Mnangawa, l’actuel ministre de la Justice, considéré comme l’éminence grise du régime, qui a déjà tenu les ministères régaliens de la Défense et de l’Intérieur par le passé. Or un élément est venu brouiller les cartes cet été, celui de la nomination de Grace Mugabe (l’actuelle femme du dictateur) à la tête de la Ligue des femmes du parti présidentiel (ZANU-PF) lui permettant de ce fait d’intégrer les plus hautes instances du régime. Certains analystes ont vu dans cette nomination les prémisses de la mise en place progressive d’une dynastie Mugabe à la tête du pays. Cela étant, le think tank note que les tensions entre les principaux candidats sont légions et qu’il semble aujourd’hui peu vraisemblable que le ZANU-PF survive à la disparition de son fondateur.
De son côté, le principal parti d’opposition, le MDC-T (Movement for Democratic Change – Tsvangirai) a été mis sur la touche depuis sa défaite aux législatives de 2013 et est actuellement secoué par de graves crises internes, ayant notamment abouti à la dissidence de nombreux membres qui ont fondé un nouveau parti, la Zimbabwe Independent Alliance (ZIA), morcelant un peu plus l’opposition au pouvoir.

Du côté de l’économie, la situation n’est guère meilleure, de nombreux secteurs ont ainsi vu leur activité se réduire drastiquement ces dernières années et le gouvernement peine à payer ses fonctionnaires : la masse salariale de l’Etat zimbabwéen atteint près de 20% de son PIB, ce qui est gigantesque. Selon certains économistes, le chômage toucherait quant à lui 80% de la population active. Dans le même temps les sanctions occidentales, décidées suite aux massacres d’opposants organisés par le régime, contribuent un peu plus à asphyxier le peu d’économie locale. Certes certains accords avec la Chine, alliée traditionnelle du Zimbabwe depuis les origines de la lutte pour son indépendance, qui a notamment soutenu et formé bon nombre des chefs dans leur lutte contre l’occupant britannique, ont accordé un peu de répit au pays mais n’ont pas pour autant permis de réformer structurellement le pays. Cette relation bilatérale est extrêmement forte car Robert Mugabe a réalisé cette année son treizième voyage en Chine tandis que le Zimbabwe est le pays africain recevant le plus d’investissements chinois (selon l’agence d’informations officielle Xinhua), soit à peu près 360 millions d’euros.

La sortie de crise passera vraisemblablement en premier lieu par la désignation du successeur de Mugabe dans le cas où ce dernier ne serait plus en mesure d’assurer ses fonctions jusqu’au terme de son mandat ou bien s’il décide de ne pas se représenter aux élections de 2018. Enfin, celui-ci devra s’engager dans de profondes réformes économiques et sociales afin de revitaliser l’économie du pays, obtenir la confiance des investisseurs étrangers afin d’obtenir des prêts, et enfin en organisant une politique efficace de lutte contre le SIDA.

SOURCE : International Crisis Group, RFI, RFI, Le Figaro

 

Du rôle de la religion aux Etats-Unis

24 septembre

Cela fait maintenant un certain temps que le nombre d’Américains sans affiliation religieuse croît chaque année. Mais comme le révèle un sondage du Pew Research Centre, publié ce lundi 22 septembre, le point de vue de ces non-affiliés sur le rôle que doit jouer la religion dans la société américaine n’est absolument pas uniforme.


Selon ce même sondage, 72% des Américains (soit le plus haut total de la dernière décennie) déclarent que la religion est aujourd’hui en perte de vitesse et joue, à leurs yeux, un rôle moins important dans la sphère publique. Parmi ceux estimant que la religion voit son influence décroître, une majorité estime cette perte d’influence comme regrettable. Sans réelle surprise, les Américains non-affiliés à une religion sont le groupe qui réagit le plus favorablement au « déclin » de la religion : il s’agit ainsi du groupe qui rejette le plus violement l’immission de la religion dans la vie publique. On retrouve au sein de ce groupe hétérogène : les agnostiques, les athéistes ainsi que les individus n’adhérant pas à une religion en particulier.

Ce groupe des non-affiliés n’est cependant pas aussi homogène que l’on peut le croire. 34% de ces derniers voient ainsi d’un œil favorable cette perte de vitesse de la religion mais, à l’opposé, 30% d’entre eux déplorent cet état de fait. Ainsi, si la moitié (50%) des agnostiques et des athées voient la perte d’influence de la religion comme une bonne chose (contre 12% d’entre eux qui la déplorent), on peut noter que près de 37% des individus se déclarant croyants mais non membres d’une religion particulière regrettent cette perte de vitesse, là où seulement 27% s’en réjouissent.

Ce n’est pas le seul élément surprenant révélé par ce sondage. En effet, une partie non négligeable des individus ne se réclamant d’aucunes religions en particulier se réjouissent de voir la religion jouer un rôle important dans la vie politique américaine. 29% d’entre eux estiment ainsi qu’il est important que les membres du Congrès présentent de fortes convictions religieuses. Une part, de taille similaire (32%), est quant à elle favorable à ce que les églises s’engagent activement en politique et expriment leurs points de vue sur les questions de société.

Ces informations, surprenantes au premier abord, nous font redécouvrir qu’une part non négligeable des individus « non-affiliés » ne sont pas opposés à la religion en elle-même. 2/3 d’entre eux déclarent ainsi croire en Dieu, 30% se présentant même comme absolument « certain » de l’existence de Dieu, tandis que 21% ont répondu prier quotidiennement.

En conclusion, il apparaît aujourd’hui que de plus en plus d’Américains acceptent tout à fait de voir la religion jouer un rôle central dans leur vie tout en n’étant pas eux-mêmes rattachés à une église.

SOURCE : Pew Research Centre

 

Erasmus : un investissement pour l’avenir ?

23 septembre

Ce lundi (22 septembre), la Commission européenne a publié un rapport s’intéressant aux retombées du programme d’échange d’étudiants Erasmus. En quelques mots, Erasmus est un programme d’échange non-sélectif s’adressant à tous les étudiants de l’enseignement supérieur ayant déjà achevé leur première année d’études. L’enquête d’impact du programme Erasmus, mandatée par l’Union européenne, a ainsi montré que le programme favorisait grandement l’employabilité et la mobilité professionnelle des étudiants. Cette étude, réalisée par des experts indépendants, s’est appuyée sur un panel extrêmement large et diversifié : au total, ce sont près de 80 000 personnes qui ont été interrogées.


Selon l’étude, plusieurs éléments peuvent expliquer cet état de fait. Tout d’abord, il est certain qu’en étudiant ou se formant à l’étranger, les bénéficiaires du programme développent des connaissances moins répandues dans leur pays d’origine tout en améliorant (le plus souvent) leurs compétences en langues. Mais, comme le révèle l’étude, Erasmus permet également aux jeunes de développer des compétences, dites transversales, très prisées des employeurs. En conséquence, les étudiants ayant participés au programme présentent de bien meilleurs résultats sur le marché de l’emploi : 5 ans après leur diplôme leur taux de chômage est inférieur de 23% à ceux des étudiants n’ayant pas pris part au programme. Ces résultats apparaissent comme extrêmement instructifs alors que le chômage des jeunes atteint actuellement des sommets dans les pays de l’UE : ce dernier y atteint près de 23.1% (22.8% pour la France contre 8.1% pour l’Allemagne).

D’après l’étude, un grand nombre d’employeurs (près de 92%) recherchent chez ceux qu’ils envisagent d’embaucher des traits de personnalité que le programme renforce ; on pense ainsi à la confiance en soi, la tolérance, la curiosité, l’adaptabilité. Au cours de l’étude, des tests ont été réalisés sur des étudiants avant et après que ceux-ci ne partent à l’étranger. Or les tests ont montré que les étudiants ayant participé au programme Erasmus présentent des résultats plus élevés (près de 42% supplémentaires) que les élèves restés dans leur pays pour ces traits de personnalité recherchés par les employeurs. De précédentes études en sciences humaines avaient montré que les traits de personnalité des individus sont le plus souvent stables dans le temps et peu sujets à évoluer. Les changements majeurs observés chez les étudiants Erasmus sont cependant de la même intensité que les autres « changements majeurs » intervenus dans la vie de ces étudiants (tels que quitter leurs parents etc.). 99% des universités notent également une augmentation significative de la confiance en soi de leurs étudiants ainsi que de leur adaptabilité (deux critères fortement recherchés par les employeurs) après un séjour à l’étranger.

Les étudiants faisant le choix de participer au programme Erasmus se voient offrir deux possibilités : effectuer un ou plusieurs semestres à l’étranger ou bien alors réaliser un stage en entreprise. Or l’étude révèle également que parmi les étudiants Erasmus ayant décidé de faire un stage, près d’un tiers d’entre eux se voit proposer un poste dans son entreprise d’accueil. L’enquête révèle également que ces stagiaires ont davantage l’esprit d’entreprise que leurs comparses restés au pays. De plus, ils peuvent s’attendre à une progression de carrière plus rapide. En effet, selon 64% des employeurs, les employés disposant d’une expérience internationale se voient offrir plus de responsabilités.

Le nouveau programme, intitulé Erasmus +, lancé en juillet 2014 espère proposer des possibilités de séjour à plus de 2 millions d’étudiants de l’enseignement supérieur entre 2014 et 2020. Il disposera pour cela d’une enveloppe budgétaire de près de 15 milliards d’euros (soit une hausse de 40%). Dans sa stratégie sur la nécessaire refonte de l’enseignement supérieur eu Europe, l’UE s’est fixé comme ambition d’augmenter la part des étudiants internationaux à près de 20% d’ici la fin de la décennie, aujourd’hui ils représentent environ 10% des étudiants (et la moitié d’entre eux bénéficient d’une bourse Erasmus).

C’est donc pour toutes ces raisons qu’Erasmus apparaît aujourd’hui comme un investissement stratégique des étudiants pour leur futur.

SOURCE : Commission européenne, [Les Echos-> http://data.lesechos.fr/pays-indica...

 

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